jeudi 27 décembre 2007

Clichés

Pour vous donner une idée de notre quotidien au Caire, voici quelques photos, menus trophées, maigres butins, souvent offerts, parfois pris à la dérobée, lors de nos déambulation dans cette ville gigantesque.


Juste devant "notre" portail du Ramses for girls, la circulation. (le son fait cruellement défaut à ce blog!)

A un carrefour, dans la lumière de la fin d'après midi, un enfant en uniforme sortant de l'école joue devant une voiture abandonnée.


Le Sacré Coeur de Ghamra, où Elsa travaille le plus souvent.



Aux fenêtres d'un immeuble "belle époque", à portée de main des passants toujours honnêtes, des vêtements et un tapis qui sèchent.


Dans les rues il n'est pas rare de croiser des personnes estropiées ou mal formées.



Un immeuble comme on en voit partout au Caire.


Pour nous rendre à la station de métro la plus proche, nous devons traverser la rue Ramses. Avec la circulation, c'est à peu près impossible. Nous empruntons donc ces escaliers, passons sur le pont, et redescendons de l'autre côté de la rue. Cet endroit est un vrai chaos de bruit, de klaxons, de conducteurs de minibus qui annoncent en hurlant leur destination aux clients potentiels.


A chacun son omniprésident. Le notre s'affiche dans toutes les salles de classe, parfois dans les voitures, mais aussi dans toute bonne boutique qui se respecte.


Notre station de métro, Ghamra, et son horloge avec chiffres arabes.


Le métro est toujours bondé, quelle que soit l'heure (Alors que nous rentrions un soir du ramadan vers 11h, les gens étaient tellement serrés que tout le monde criait; nous avons été expulsés du métro sous la pression, par bonheur à notre station).


L'expression "avoir pignon sur rue" prend ici tout son sens.


Au coin de la rue on se ravitaille en beaux légumes sur les étals ambulants des marchands venus de la banlieue.



Nos rétines embourgeoisées peinent à se défaire de leur réflexe occidental et continuent considérer ce qui a passé un certain âge comme "vintage ". Avec raison dans un pays où l'on a plus urgent à se préoccuper que du patrimoine, cette réaction suscite toujours l'incompréhension.

Les rigueurs de l'hiver cairote

Non, nous ne sommes pas en période d'hibernation. Certes l'hiver a tardé à arriver puisque mi-décembre, Elsa pouvait encore manger dehors avec ses collègues du Collège de la Mère de Dieu pour la fête de noël des profs qui s'est déroulée dans un club à Maadi, au bord du désert. Les plus téméraires n'ont pas hésité à se mettre à l'eau, laissant libre aux frileux la piste de danse.


L'hiver s'est pourtant bien installé au Caire, avec des températures, je n'ose l'écrire de peur que ma pensée ne couvre de buée l'écran de mon portable, frôlant parfois les 15 C°.
J'ironise, mais notre corps s'est sans doute bien adapté aux températures locales car en ce moment, nous ne sortons jamais sans nos gros pulls et nos manteaux.

jeudi 22 novembre 2007

Soirées

Avec l'année qui avance, il y a eu plusieurs occasions de voir du monde.
Jeudi dernier c'était le "graduation day", remise des diplômes pour les élèves qui ont eu l'équivalent de leur bac l'année dernière. Tous les élèves étaient vêtus de toges et de ces chapeaux carrés qu'on ne voit que sur la tête des étudiants américains.La cérémonie, très protocolaire, avec hymne national au début et à la fin, se déroulait dans "le plus petit" des halls du palais des congrès du Caire (une salle immense, je n'ose imaginer la taille des autres). Avant la remise des diplômes, de nombreuses animations se sont succédées, chants interprétés par l'une des lauréates, morceaux de musique, discours de plusieurs VIP présents pour l'occasion. Avec un collègue saxophoniste et un élève pianiste, je joue régulièrement de la guitare et la prof de musique nous avait aussi demandé de participer. Nous avons donc interprété deux "standards": Besame mucho et Autumn Leaves (Les Feuilles mortes), au début et à la fin de la cérémonie. Pour l'occasion, on m'a prêté une guitare superbe, un modèle jazz sur laquelle c'était un vrai plaisir de jouer. Alors je crâne...Je me suis rappelé le jour où je suis allé chercher mon bac, à peine une félicitation de la part de la secrétaire dans ce bâtiment administratif désert du lycée. C'est quand même dommage qu'en France, nous ne marquions pas davantage le passage entre lycée et études supérieures. Toutes les années de collège et de lycée aboutissent à un examen à l'issue duquel on ne voit généralement même pas ses copies. Même si la cérémonie fut parfois un peu ennuyeuse, il est certain qu'elle restera dans la mémoire de ces élèves.

Dimanche, avant le cours d'arabe, nous avons reçu pour le déjeuner la joyeuse bande des volontaires DCC (Délégation Catholique pour la Coopération). Comme pour tout bon-repas-de-dimanche-midi qui se respecte, nous avons mis les petits plats dans les grands. C'était aussi une l'occasion comme on n'en a pas souvent d'ouvrir une bonne bouteille de "grand marquis", l'un des meilleurs (disons correct) crus locaux. Un joyeux moment. Claire, Elodie, Cécile et Elsa, à l'arrière du taxi qui nous conduit vers le DEAC, où nous poursuivons nos cours d'arabe.



Et ce soir (jeudi 22), le Dawson Hall, notre résidence, d'habitude déserte et calme, se remplit de monde. La raison, c'est cette énorme dinde, semblable à celle que jadis, de généreux indiens d'amériques auraient offert aux quelques pilgrims décharnés qui avaient débarqué sur leurs côtes. Notre premier "Thanksgiving" fut l'occasion de rencontrer de nombreux américains de la paroisse de St Andrew, en centre ville (ouest el balad), de goûter de fameux plats traditionnels. Elsa devant sa pumkin' pie, tarte à la courge _ courge, cannelle, gingembre, clou de girofle Sarah, volontaire américaine travaille à plein temps à l'orphelinat Fowler

Nate et Milly, nos voisins


Ce fut aussi l'occasion d'entendre de nombreux noëls anglais, accompagnés notamment au piano par sans doute l'une des plus anciennes résidentes américaines au Caire.

dimanche 18 novembre 2007

Le Sinaï en images

Quelques photos du Sinaï que nous avons récupérées grâce à Corine.

Sous la tente de bédouins, le soir de l'ascension du Mont Horeb; chacun rassemble ses forces et tente de dormir un peu.

Je vous l'avais dit, j'ai cadré un tas de photos pour le blog, mais Maalesh...

Une fois au sommet, adossés à la paroi de la chapelle, l'attente dans le froid.



Enfin les premières lueurs de l'aube.

A nos pieds, l'immense vallée s'éclaire peu à peu.


Le voilà enfin.
...Maalesh
Notre voisine Corine, auteur des photos, devant un panorama splendide

"un massif de déserts"
Pendant la descente, on croise très peu de vert
Le sentier est aride

Et quand on lève la tête... le contraste entre la pierre poussière et le ciel pur (comme jamais au Caire). A droite, ce n'est pas un reflet sur votre écran mais la lune.

Les fourbes chameaux égyptiens ont vraiment les dents pourries et ils le savent.
C'est pourquoi ils gardent la bouche fermée quand il veulent attirer le promeneur las.

En revanche, ce sont de vrais esthètes.


Vue du mont Horeb: sur la corniche, à gauche, le point blanc est la chapelle d'où nous avons contemplé le lever du soleil.

Au fond de cette vallée, on devine le monastère Sainte CatherineLe mur de Justinien, 6ème siècle après J-C, et l'entrée des visiteurs.

jeudi 15 novembre 2007

Mens sana...

Vendredi dernier, sortie au musée des antiquités (ce n'est pas trop tôt, deux mois et demie après notre arrivée). L'entrée monumentale: passé le portique malheureusement, il faut laisser l'appareil photo à la consigne...


En fait nous tenions absolument à bénéficier pour cette visite de la présence éclairée et éclairante de Corinne, qui, en égyptologue confimée, nous a conduit tambour battant pendant trois bonnes heures au milieu de ces trésors, voltigeant d'une dynastie à l'autre, franchissant gaillardement les époques comme les pharaons le Nil pour leur dernière demeure, pimentant ses récits d'anecdotes croustillantes (les tribulations d'Hatchepsout à la sauce Gala) et de réflexions sur l'héritage égyptien, le tout commenté et réinterprété à la lumière de l'Egypte contemporaine par Madame Salwa, ex future référente de mon poste au NRC. Bref, nous avons passé des heures savoureuses dans ces immenses et vénérables murs, malgré les flots de touristes nous doublant au pas de course. Encore une fois, grâce à Corine, qui a visité le musée avant l'interdiction (2003), et qui a bombardé, voici une petite sélection de photos:


Auguste Mariette, voyant tous les trésors de l'Egypte rejoindre les grands musées européens, a la sagesse de faire construire un musée au Caire, où les égyptiens pourront contempler leur histoire. Le musée est constitué de deux étages comprenant chacun quatre monumentales galeries formant un immense carré. La lumière pénètre par une vaste coupole donnant sur l'espace intérieur.
Djéser, pharaon qui a fait édifier la pyramide à degrés de Saqqarah (voir la relation sur ce blog de notre visite aux pyramides fin août)...

Le bel Akhénaton, qui a révolutionné les canons de la représentation artistique de son temps



Ce regard...
est celui de la femme d'un notable. Les statues de ce beau couple sont dans un état de conservation stupéfiant.

Le magnifique visage d'une statue en bois ("le chef de village") remonte à plus de 2000ans
Pour se requinquer, repas au Felfela, le resto de gastronomie locale, adresse pour touristes également, où normalement, on n'a pas de mauvaise surprise. Mal inspiré, je commande une “shawerma with trotters”. La dernière fois je me suis régalé avec “shawerma with meat”, alors pourquoi ne pas tenter la nouveauté? En fait, “trotters” désigne les tripes, pas à la lyonnaise mais dans une bouillie moyennement de mon goût. Je mangerai moins ce soir...

Le lendemain, heureusement, je reçois enfin le colis d'anniversaire de mes parents. Comment requinquer deux français exilés de l'autre côté de la méditérranée?
Prenez quelques picodons et un saucisson, qu'avec beaucoup de soin et autant de foi, vous emballerez pour la grande traversée. Ajoutez une pâte de coing préparée avec amour par papa cordon bleu, deux ou trois barres de nougat, un paquet de truffes au chocolat; deux boîtes de foie gras pour entretenir les abdos, des carambars, et des tubes de crème de marron Clément Faugier. N'oubliez pas une bonne bouteille de vin que de scrupuleux douaniers ne manqueront pas de subtiliser pour leur cave perso. Il n'en faut pas plus, mais pour faire les choses “bien”, et étrenner notre cocotte minute reçue avec les malles, nous nous sommes préparés en plus un petit pot au feu de derrière les fagots, précédé d'un bon potage. Rondeurs des picodons bien faits et longuement mûris, fumet du saucisson rescapé de la grande traversée, délicieuse pâte de coings aux éclats qui restent dans le creux des dents... que vous nous êtes chers! Ardetcho, merveillou païs!