Rassurez-vous, notre bébé y est toujours, même s'il manifeste une furieuse envie de jeter un coup d'oeil dehors, voir le monde de plus près. Mais au fait, comment le perçoit-il justement, ce monde duquel il n'est coupé que par une mince paroi? Comment se sent-on à l'intérieur d'une mère? Loin de moi l'idée de vous embringuer dans une réflexion psycho-métaphysique. Plus pragmatiquement, je m'en vais vous narrer une mésaventure survenue cette semaine.
Lecteurs peu téméraires,
Vous dont l'oeil se révulse à la première viscère
Âmes non-aguerries aux trop nombreux parterres
Tremblez à mon récit, riez de mes misères
Et découvrez céans ... l'intérieur d'une mère
Entre deux indigènes dans un taxi du Caire
(De ces taxis pourris, le genre que je préfère
Et qui fleurissent ici comme des primevères
Vétustes antiques usés, maintes fois centenaires)
Entre deux hommes donc, d'obédience berbère
L'un immense et ventru, son ami: le contraire,
Je filais ce soir là dans l'une des artères
De la ville Victoire, vieillarde pulmonaire,
Pizza sur les genoux, Pampers en bandoulière,
Serré, que dis-je!
Transi et compressé, sous-vide, privé d'air,
Suant au chaud contact de mes nouveaux compères,
Qui benoîtement comptaient les lampadaires
Avec l'air flegmatique de certains dromadaires.
Soudain, révélation, abaissant les paupières,
Me voici, transporté au tréfonds d'une mère,
Ô l'étrange atmosphère!
Tandis que le ventru, fervent buveur de bière
Inspire, le maigraillou vide sa cafetière
Les plèvres se répondent comme coéquipières
Se glonflant, se vidant, fugaces mongolfières
Me voici entouré, pris entre deux ornières
Deux évents capricieux _ tempête en pleine mer_
Manquant à la pudeur la plus élémentaire
(j'emprunte au père Brassens un de ses fameux vers)
Avec désinvolture, mes deux bons rastaquouères
Me rappellent à l'état de simple mammifère
Nageant dans le liquide entre deux hémisphères
Dans le silence abscons, condition éphémère,
Du ventre qui tissa et mes soeurs et mes frères.
De cette expérience, assez hospitalière
Je suis enfin tiré, ô arrêt salutaire
Lorsque mes acolytes, affectueux mercenaires
Ont l'heur de s'extirper du taxi pouponnière.
Souvent par grand hasard, un simple fait divers
Nous révèle énigmes et insondables mystères.
jeudi 27 mars 2008
vendredi 14 mars 2008
IAM aux pyramides
On l'attendait ce concert, et depuis longtemps.
Rendez-vous était donné avec les collègues DCC à 14H, devant l'école Saint Vincent de Paul. Une demi-heure plus, après une escale au couvent des dominicains, nous partons en trombe, à deux voitures.
Au volant, c'est "Abouna Youssef" (Père Jospeh), le père Dominicain, responsable de la bibliothèque la plus fournie du Caire sur les études islamiques. Pour l'occasion, ce libanais parfaitement francophone qui ne manque pas d'humour a revêtu le voile saoudien.
Nous filons sur les routes du Caire, heureusement peu encombrées en ce jour de prière. Quelques vendeurs proposent des drapeaux d' Al Ahly, l'un des deux principaux clubs du Caire, qui joue ce soir le derby contre le Zamalek. Pour l'ambiance, c'est un peu notre OM-PSG.
Nous arrivons vers 15h30 aux plateau de Gizeh, sur le site du son et lumière.
Justement le concert s'ouvre sur un extrait du texte de ce son et lumière, agrémenté de quelques scratches d'Imhotep.

Le cadre est superbe. Le soleil dans les yeux, nous voyons se découper les gigantesques formes des pyramides, le sphinx impertubable. De temps en temps se détache sur l'horizon la silhouette d'un militaire sur son chameau.
La communauté francophone du Caire s'est donnée rendez-vous cet après-midi.
Devant nous, les élèves du Lycée français mettent l'ambiance, mais c'est nous qui connaissons le mieux les textes des "classiques" : "L'école du micro d'argent", "Petit frère", "Nés sous la même étoile",
"Je danse le Mia", "L'empire du côté obscur", "Demain c'est loin". Que de souvenirs. C'est avec un chèque fnac offert par une de mes tantes que je me suis acheté un de mes premiers CDs, le meilleur d'IAM, "L'école du micro d'argent".
Shurik'N, Akhénaton, Khéops, Kephren, Imhotep, Freeman... Autour d'eux sur scène, les musiciens de l'orchestre de l'Opéra du Caire, quelques voix du monde arabe, dont le fameux Khaled. Pour finir le concert, un orchestre de musiciens de haute-Egypte, vient accompagner un morceau inédit.
Le soleil se couche derrière les pyramides pour la 1 600 000 ème fois, IAM a 20 ans.
Rendez-vous était donné avec les collègues DCC à 14H, devant l'école Saint Vincent de Paul. Une demi-heure plus, après une escale au couvent des dominicains, nous partons en trombe, à deux voitures.
Au volant, c'est "Abouna Youssef" (Père Jospeh), le père Dominicain, responsable de la bibliothèque la plus fournie du Caire sur les études islamiques. Pour l'occasion, ce libanais parfaitement francophone qui ne manque pas d'humour a revêtu le voile saoudien.Nous filons sur les routes du Caire, heureusement peu encombrées en ce jour de prière. Quelques vendeurs proposent des drapeaux d' Al Ahly, l'un des deux principaux clubs du Caire, qui joue ce soir le derby contre le Zamalek. Pour l'ambiance, c'est un peu notre OM-PSG.
Nous arrivons vers 15h30 aux plateau de Gizeh, sur le site du son et lumière.
Justement le concert s'ouvre sur un extrait du texte de ce son et lumière, agrémenté de quelques scratches d'Imhotep.

Le cadre est superbe. Le soleil dans les yeux, nous voyons se découper les gigantesques formes des pyramides, le sphinx impertubable. De temps en temps se détache sur l'horizon la silhouette d'un militaire sur son chameau.
La communauté francophone du Caire s'est donnée rendez-vous cet après-midi.
Devant nous, les élèves du Lycée français mettent l'ambiance, mais c'est nous qui connaissons le mieux les textes des "classiques" : "L'école du micro d'argent", "Petit frère", "Nés sous la même étoile",
"Je danse le Mia", "L'empire du côté obscur", "Demain c'est loin". Que de souvenirs. C'est avec un chèque fnac offert par une de mes tantes que je me suis acheté un de mes premiers CDs, le meilleur d'IAM, "L'école du micro d'argent".
Shurik'N, Akhénaton, Khéops, Kephren, Imhotep, Freeman... Autour d'eux sur scène, les musiciens de l'orchestre de l'Opéra du Caire, quelques voix du monde arabe, dont le fameux Khaled. Pour finir le concert, un orchestre de musiciens de haute-Egypte, vient accompagner un morceau inédit.
Le soleil se couche derrière les pyramides pour la 1 600 000 ème fois, IAM a 20 ans.
mardi 11 mars 2008
La mauvaise réputation
Il n'est pas rare de croiser dans les rues du Caire des roux, d'autres blonds, des yeux bleus... Les égyptiens se plaisent à dire que tous leurs compatriotes aux cheveux blonds sont originaires de Mansourah. Pourquoi? Il y a environ 750 ans commençait la septième croisade, emmenée par notre bon et juste roi Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis.

L'épithète ferait sans doute débat si l'on connaissait sa réputation ici. On sait qu'il fut fait prisonnier dans lors du siège de la citadelle de Mansourah, après que son armée eut été décimée par le scorbut et qu'un sergent ait fait courir le bruit qu'il s'était rendu. Entre sa capture et sa libération un mois plus tard contre rançon, les égyptiens prétendent qu'il n'aurait pas limité ses activités à la mise à jour de sa correpondance... Ah, les perles de l'échange interculturel!

L'épithète ferait sans doute débat si l'on connaissait sa réputation ici. On sait qu'il fut fait prisonnier dans lors du siège de la citadelle de Mansourah, après que son armée eut été décimée par le scorbut et qu'un sergent ait fait courir le bruit qu'il s'était rendu. Entre sa capture et sa libération un mois plus tard contre rançon, les égyptiens prétendent qu'il n'aurait pas limité ses activités à la mise à jour de sa correpondance... Ah, les perles de l'échange interculturel!
lundi 10 mars 2008
De retour
Après un bon mois et demie de vacances, il est plus que temps de reprendre le fil de notre récit.
Début janvier, les parents d'Elsa sont venus nous rendre visite. Nous en avons profité pour partir à la découverte de la haute Egypte, que nous n'avions pas encore visitée: je vous raconte ça très bientôt.
Après avoir crapahuté pendant une bonne semaine entre Assouan et Louxor, nous avons retrouvé nos pénates cairotes. Elsa a repris les cours. Quant à moi, c'était la période des corrections d'examens, qui s'est étalée - diluée devrais-je dire - sur deux semaines. Fin janvier, les vacances. Dans le système scolaire égyptien, l'année est divisée en deux semestres, séparés par des vacances de mi-année de deux semaines fin janvier/début février, et par les vacances d'été (deux mois et demie/trois mois).
Ces vacances tombaient bien puisque j'ai pu m'occuper de ma petite femme, que le docteur avait arrêtée par peur d'un accouchement prématuré. Deux semaines de cocooning, donc, ponctuées par quelques escapades à l'aventure, à travers la ville. Prendre des rues inconnues et les suivre, découvrir de petites places, des commerces et des quartiers où bat le coeur de la ville, le ventre du Caire. Le Centre Français de Culture et de Coopération nous fournit régulièrement bouquins, BD et DVD pour sustenter notre francité en mal de pays.
Mes parents sont arrivés au Caire le 17 février. Comme lors de la venue des parents d'Elsa, j'ai pu parfaire ma connaissance des lieux incontournables du Caire. C'est toujours l'occasion de découvrir de nouveaux détails, et bien sûr chaque jour et chaque lumière apportent aux décors un éclairage toujours nouveau. Ainsi de la citadelle, que j'avais d'abord visitée par un jour de beau temps où la pollution bouchait l'horizon. Cette fois, un bon orage a eu l'heur de laver le ciel la veille de notre visite, nous permettant le jour J d'admirer les pyramides de Guizeh, et même celles de Saqqarah et de Dachour (pourtant situées à une vingtaine de km du Caire), avec une netteté incroyable.
Le tout se détachant sur le sable des contreforts du désert lybique. Musée archéologique, derviches tourneurs, quartier copte, vieux caire, pyramides... une petite croisière sur Nil pour couronner le tout. La encore, matière à raconter. Les voilà repartis le premier mars avant l'aurore, à destination de Bruxelles où les attendaient leur toute nouvelle petite fille, ses heureux parents, et les tontons-tatas montés pour le week-end en Belgique pour découvrir leur nièce.
Notre train train a repris. Entre les préparations des élèves au DELF, les répétitions du club théâtre en vue du festival le mois prochain, les cours d'arabe où la somme de vocabulaire ne cesse de croître, la chorale, le catéchisme... je suis parfois un peu débordé. Enfin, rien à voir avec les preps interminables de l'an dernier, où nous passions nos soirées le nez sur l'écran d'ordinateur, un oeil dans les manuels, l'autre sur les programmes... Le temps passe différemment ici, et même bien meublé, je crois que nous avons pris la "maalesh" attitude, une chose après l'autre et tant pis si l'on ne peut pas tout faire.
Avant, de terminer ce message, je dois réparer une injustice qui pèse sur ma conscience de bloggeur censé transmettre les informations et si possibles les images. Voilà donc, enfin, une photo de ma chère et tendre, le ventre rond du premier fruit de notre coopération, 6 mois et demie.
Début janvier, les parents d'Elsa sont venus nous rendre visite. Nous en avons profité pour partir à la découverte de la haute Egypte, que nous n'avions pas encore visitée: je vous raconte ça très bientôt.
Après avoir crapahuté pendant une bonne semaine entre Assouan et Louxor, nous avons retrouvé nos pénates cairotes. Elsa a repris les cours. Quant à moi, c'était la période des corrections d'examens, qui s'est étalée - diluée devrais-je dire - sur deux semaines. Fin janvier, les vacances. Dans le système scolaire égyptien, l'année est divisée en deux semestres, séparés par des vacances de mi-année de deux semaines fin janvier/début février, et par les vacances d'été (deux mois et demie/trois mois).
Ces vacances tombaient bien puisque j'ai pu m'occuper de ma petite femme, que le docteur avait arrêtée par peur d'un accouchement prématuré. Deux semaines de cocooning, donc, ponctuées par quelques escapades à l'aventure, à travers la ville. Prendre des rues inconnues et les suivre, découvrir de petites places, des commerces et des quartiers où bat le coeur de la ville, le ventre du Caire. Le Centre Français de Culture et de Coopération nous fournit régulièrement bouquins, BD et DVD pour sustenter notre francité en mal de pays.
Mes parents sont arrivés au Caire le 17 février. Comme lors de la venue des parents d'Elsa, j'ai pu parfaire ma connaissance des lieux incontournables du Caire. C'est toujours l'occasion de découvrir de nouveaux détails, et bien sûr chaque jour et chaque lumière apportent aux décors un éclairage toujours nouveau. Ainsi de la citadelle, que j'avais d'abord visitée par un jour de beau temps où la pollution bouchait l'horizon. Cette fois, un bon orage a eu l'heur de laver le ciel la veille de notre visite, nous permettant le jour J d'admirer les pyramides de Guizeh, et même celles de Saqqarah et de Dachour (pourtant situées à une vingtaine de km du Caire), avec une netteté incroyable.
Le tout se détachant sur le sable des contreforts du désert lybique. Musée archéologique, derviches tourneurs, quartier copte, vieux caire, pyramides... une petite croisière sur Nil pour couronner le tout. La encore, matière à raconter. Les voilà repartis le premier mars avant l'aurore, à destination de Bruxelles où les attendaient leur toute nouvelle petite fille, ses heureux parents, et les tontons-tatas montés pour le week-end en Belgique pour découvrir leur nièce.Notre train train a repris. Entre les préparations des élèves au DELF, les répétitions du club théâtre en vue du festival le mois prochain, les cours d'arabe où la somme de vocabulaire ne cesse de croître, la chorale, le catéchisme... je suis parfois un peu débordé. Enfin, rien à voir avec les preps interminables de l'an dernier, où nous passions nos soirées le nez sur l'écran d'ordinateur, un oeil dans les manuels, l'autre sur les programmes... Le temps passe différemment ici, et même bien meublé, je crois que nous avons pris la "maalesh" attitude, une chose après l'autre et tant pis si l'on ne peut pas tout faire.
Avant, de terminer ce message, je dois réparer une injustice qui pèse sur ma conscience de bloggeur censé transmettre les informations et si possibles les images. Voilà donc, enfin, une photo de ma chère et tendre, le ventre rond du premier fruit de notre coopération, 6 mois et demie.
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