mardi 7 octobre 2008

Dahab

Pendant un an, nous avons entendu parlé de cet endroit par tous nos collègues, amis, connaissances... de quoi nous donner envie de franchir les 600 km qui nous séparent de cette ville côtière de la mer Rouge. 600km de routes pour l'essentiel mauvaises, longeant le delta du Nil, passant sous le canal de Suez, puis traversant le désertique massif des montagnes du Sinaï _ soit environ huit heures pour un chauffeur egyptien lambda roulant à tombeau ouvert dans la nuit _ il nous en fallait de la motivation pour nous embarquer là dedans avec notre bébé. Mais nous avons fini par trouver un minibus idoine, déjà rempli de deux américains, un frère dominicain aventurier (à Dahab il est connu comme le fennec blanc), un ami franco arabe, une journaliste française (qui travaille pour Al Ahram Hebdo et Alif, deux magazines égyptiens francophones de qualité), et un étudiant d'arabe. Elio est finalement celui qui a le moins souffert du trajet puisqu'il a dormi tout son saoûl, confortablement installé dans le lit-valise de tonton Antoine et tata Linda (encore merci), pendant que chacun valdinguait de sursauts en cahots et de Charybde en Scylla. Beauté saisissante du désert du Sinaï à l'aube, la blanche, qui éclaire de sa pâle lueur le spectacle chaotique de ces titans desséchés. Parfois, au détour d'une vallée apparaît une oasis de palmiers poussiéreux, déjà accablés par la chaleur, alors que machouille joyeusement le dromadaire toujours flegmatique. L'arrivée est moins poétique : au centre d'une mosaïque gigantesque, le visage de l'omniprésident en Ray ban (lui aussi) irradie de son (obscure) clarté la baie de Dahab, peuplée de gentils bédouins qui préparent le thé et filent la laine pendant que se font bronzer, tracter, immerger, motoriser les gentils touristes. Heureusement le logement est moins kitch, et nous avons même la bonne surprise de trouver un petit hôtel propre avec de jolies chambres à l'architecture bédouine.

Les chambres, toutes coiffées d'un dôme, donnent sur une cour arborée,

qui s'ouvre sur la mer.
Certains trouveront peut-être à redire sur la qualité des matelas et parasols, mais pour une poignée d'euros la nuit, et compte tenu des standards égyptiens, c'est Byzance. A propos de Byzance, Dahab, c'est l'"or" en arabe. Paraît que les bédouins ont trouvé une certaine ressemblance entre ce métal et le sable local. Moi, ça ne m'a pas sauté aux yeux.
Tout au long du village (deux ou trois km) , la côte est occupée par des cafés aux terrasses (dites "bédouines": pour faire couleur locale et attirer les chalands, on a accolé cet adjectif à tous les noms possibles) couvertes de coussins, où il fait bon lézarder en buvant des jus de fruits frais,


en lisant un bon bouquin (Contes des collines de Kipling pour moi et Belle du Seigneur, pour Elsa) ou en admirant le dégradé des couleurs qui se succèdent de la plage aux montagnes de l'Arabie Saoudite, en face.


L'autre grande activité à Dahab, c'est la plongée, qui se décline sous toutes ses formes (snorkelling, diving, plongée au nitrox) pour les connaisseurs. D'autres se contentent d'un masque et d'un tuba, largement suffisant tant les récifs de coraux regorgent d'espèces variées.


D'autres encore de faire trempette.


Alors on alterne, ou on combine tout ça: terrasse, plongée, baignade; plongée, baignade, terrasse; terrasse et plongée... Bigre! La seule question qui tracasse l'honnête touriste de passage est : que vais-je manger ce soir? Et là encore, vous n'avez que l'embarras du choix. Vous l'avez compris, Dahab est un paradis du farniente, et on finit par se lasser de cette ambiance néo baba cool omniprésente (c'est sans doute qu'on se fait vieux). Comme il faut savoir raison garder, c'est avec joie que nous sommes rentrés au Caire, non sans en avoir profité un max (ne crachons pas dans la soupe tout de même).

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