Par la fenêtre, nous voyons tomber une chape de poussière et de brume sur la ville. On ne voit presque plus le collège du Sacré Coeur. Après quelques minutes, c'est la pluie qui se met à tomber. Nous sommes pourtant au mois d'octobre, et les premières pluies n'arrivent pas avant janvier ou février. Il n'y a plus de saisons.
Les enfants sont aux fenêtres. Ils savent qu'il n'y aura pas école si elle continue de tomber : trop dangereux, trop de bouchons, trop mouillé?
M'enfin, ce n'est pas nous qui allons nous en plaindre.
Au Caire aussi la pluie fait des claquettes, même si les bottes des militaires font parfois plus de bruit qu'elle. Nous la suivons sans complexe dans la cour qui prend tout à coup des allures de tropiques.
Mais pas de crabes, ni même d'escargots, le sol a à peine le temps de devenir brillant et la terre de prendre cette odeur mouillée, si rare en Egypte, que déjà l'averse s'arrête. Pour le plaisir de l'utiliser, on met quand même la capuche, comme ça.
Mais on finit par faire comme les cairotes : on attend le premier rayon de soleil, et là...
... on ferme les yeux et on prend une bonne bouffée de soleil.
Il faut faire vite, car déjà un embouteillage monstre s'est constitué rue Ramses. On finira notre après midi à regarder passer les voitures.

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