Quelles sont mes premières impressions ? quand on est sortis de l'avion vers 10H00 du soir (on ne dit pas 22H00 ici), j'ai senti un souffle chaud transportant une odeur très reconnaissable du désert qui nous entourait, sans pourtant n'avoir jamais mis les pieds dans un océan de sable. Puis en entrant dans le hall d'accueil de l'aéroport, j'ai vu tout autour de moi des hommes vétus de blanc, observant faits et gestes de chacun des voyageurs. Je les ai trouvés très beaux dans leurs costumes immaculés, tels des anges qui montent la garde. Nous avons enfin trouvé la personne qui nous attendait, que nous avions rencontrée un mois auparavant à Paris lors de notre formation au DEFAP. Puis nous avons roulé en taxi jusqu'à l'appartement qui nous attendait. Ce premier trajet à travers la ville laisse des impressions, des images qui marquent notre mémoire, encore vierge de ce pays inconnu. J'ai vu à nouveau ces anges à tous les coins de rue. J'osai à peine les regarder de peur de croiser leur regard, mais je voulais de nouveau admirer cette beauté pure, encore inconnue à mon « panel ». Puis un ange se tourna et montra son dos : il n'avait pas d'ailes, mais une mitraillette.
Notre appartement est de type « colonial », c'est à dire avec un style qui ne ressemble pas à celui de l'Egypte, mais qui s'est adapté à ses commodités. Il se trouve dans un immeuble de quatre niveaux, dont les deux derniers sont composés chacun de 7 ou 8 appartements, disposés autour d'une grande salle à manger et d'un grand salon commun. Tout est poussiéreux, chaud, vieillot, et vide ! Seule une personne habite encore ici, mais ne suffit pas à combler tous ces espaces de vie commune, qui restent pourtant étouffants car ils n'ont aucune fenêtre. Je découvre alors une échappatoire, comme une fenêtre ouverte ravivant d'oxygène cet espace clos et renfermé: un piano à queue au milieu du salon, recouvert d'un drap qui n'a pas réussi à le protéger de la poussière. J'ose soulever le couvercle pour tester si le son a aussi pris de l'âge, mais il est clair et juste. Je retrouve ainsi ce repère familier du clavier de piano, dont j'avais eu tant de mal à faire le deuil pour les deux années à venir. 
Notre espace personnel a de hauts plafonds (environ 4 mètres) soutenant de gros ventilateurs. De vieux meubles foncés remplissent ce grand espace, mais les lampes murales ont des ampoules néons trop brillantes, et diminuent un peu cette ambiance charmante. Mon instinct féminin me dicte alors comment je pourrai personnaliser ces lieux, et j'imagine déposer ça et là des tissus égyptiens, de manière à me sentir chez moi, tout en adoptant cette nouvelle culture.

1 commentaire:
Salut les deux !
Merci pour ce blog qui nous transmets bien ce que vous pouvez ressentir...
Vous êtes dans nos prières et nous pensons fort à vous.
Que le Seigneur soit votre guide et votre bouclier, et que vous puissiez jour après jour compter sur Lui !
Je suis votre blog et j'attends avec impatience d'autres nouvelles !
Jean-samuel
http://jshuck.blogspot.com
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