lundi 15 décembre 2008

Laisser aller?

Ce matin, on m'informe qu'une de mes collègues sera en retard. Sans doute est-elle malade ou son réveil n'a-t-il pas sonné. Lorsqu'elle arrive, je lui demande ce qui s'est passé.
" En fait, c'est mon mari qui a fini sa sieste très tard hier soir. Du coup, il n'a pas réussi à dormir avant 5h, et nous étions crevés."

Dimanche, après une matinée passée à courir entre la banque, le consulat et différents bureaux de traduction, j'arrive au bureau qui délivre les permis de conduire internationaux. Un policier m'indique aimablement l'accueil, qui me rappelle le parloir de la prison de Khanater. Une dame prend les papiers que j'ai accumulé scrupuleusement depuis plusieurs jours (et moyennant force devises, il va sans dire) : traduction du permis en arabe, photos d'identité et certificats d'aptitude émis par deux médecins différents (en fait le premier à qui j'ai demandé m'a tout de suite proposé de m'en faire deux, l'un étant au nom d'un de ses collègues). Comme il manque une photocopie du passeport et une feuille de renseignement, elle me confie à son collègue qui m'accompagne gentiment à la guérite de la photocopieuse. Le factotum me vend deux formulaires, mais s'excuse: la photocopieuse est en panne. Qu'à cela ne tienne, mon guide me conduit à la grille, qui sépare ce centre administratif d'une cité aux immeubles ternes. Et je découvre quelques personnes faisant la navette entre le grillage et un kiosque, apportant pour qui une canette de coca, qui un paquet de chips. Mon passeport passe par dessus bord et finit entre les mains d'un de ces passeurs, qui me le ramène dupliqué , en échange de quelques piastres. Nous revenons au bureau, et mon auxiliaire remplit l'entête des deux formulaires: nom et prénom suffiront. Puis la dame prend les deux formulaires: "voilà, revenez dans un mois". Je la regarde, médusé:
"- ... et tous les autres papiers?
- Vous me les donnerez dans un mois, pour faire le permis.
- .... ce n'est pas possible, j'ai besoin de ce permis avant...
- je suis désolée, il n'y a pas d'autre possibilité".
Sur ces entrefaites surgit un quadragénaire élégant qui m'apostrophe dans un bon anglais:
- "Je peux vous aider?
- oui j'ai besoin d'avoir ce permis rapidement pour pouvoir conduire une voiture de location.
- vous n'avez pas de permis?
- si j'ai mon permis français, mais il me faut le permis international.
- ne vous prenez pas la tête, votre permis français suffit amplement; d'ailleurs, il a plus de valeur que les permis d'ici, qu'on donne à n'importe qui contre de l'argent. Si jamais on vous contrôle - ce qui n'arrivera pas - vous parlez anglais et vous dites que votre permis français suffit..."
Si c'est pour entendre ça dans un bureau de l'administration égyptienne...

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