mercredi 12 septembre 2007

Une semaine bien remplie


Nous commençons à prendre notre rythme de croisière. Elsa a déjà commencé les cours depuis plus d'une semaine. Elle est ravie de ses élèves sérieuses, motivées et gentilles. Le Sacré Coeur de Ghamra a la réputation d'être le meilleur lycée de filles du Caire et apparemment, c'est une réputation justifiée. De mon côté, je me rends au lycée tous les jours entre 8h et 14h. C'est le système des heures de présence qui est en vigueur ici, ce qui signifie que le profs sont au lycée même lorsqu'ils n'ont pas cours. Cela ne pousse pas à l'efficacité. Alors il faut meubler: réunions pédagogiques, petits goûters entre pédagogues gourmants et d'abord discussions interminables : il fallait bien une semaine pour que tout le monde se raconte ses vacances. Je commence à faire quelques connaissances, souvent par le truchement des professeurs de français qui forment un clan de sympathiques et dynamiques jeunes femmes, toujours prêtes à m'aiguiller sur le niveau des élèves, les (gros) mots arabes, les recettes de famille (là je donne le change avec mes recettes ardéchoises) ou à me faire découvrir les copieux sandwichs au foul ou au tameyya. Je profite aussi de ces longues heures sans élèves pour peaufiner mes premières séquences, en essayant de nouvelles méthodes héritées de mon illustre prédécesseure Anne-Catherine, dont le fantôme doit rôder encore en ces lieux tant on ne jure que par elle.

Vendredi soir, nous avons rencontré Benjamin, un français dont des collègues de la formation DEFAP nous avaient donné le numéro. Diplômé de l'INALCO, il a passé plusieurs années en Egypte puis dans différents pays du moyen orient. Il est de nouveau au Caire depuis plusieurs mois et s'est mis au rugby. C'est un sport qui se pratique très peu ici. Alors les quelques clubs existant brassent un grand nombre de personnes. C'est dans le quartier huppé de Maadi, au sud de la ville, qu'est situé le siège du club. Après avoir traversé cette zone verte, où les voitures ne klaxonnent pas, où les rues propres entourent de somptueuses villas et où chaque square a son marchand de plantes vertes, nous avons dépassé le vaste stade de la victoire, et nous avons retrouvé Benjamin devant le club de rugby. La France à l'âme, et la bière à la main, nous avons encouragé nos vaillants joueurs du quinze de France, frissonné à l'entrée de notre Chabal national, et même local (un pur produit drômois, élevé au picodon, à la raviole et au Suisse), puis piteusement, le profil bien plus bas qu'à l'entrée, nous sommes ressortis à la fin du match. (venus, bu, perdu)

Depuis vendredi dernier, nous profitons également du « marrainage » de Corinne, qui nous donne un tas de tuyaux sur les visites, les transports, les limbes de l'administration ... et le vin. Elle nous a fait découvrir à deux pas de chez nous un caviste où l'on s'est ravitaillé en bières et en vin égyptien qu'on a pas encore essayé, mais qui n'a pas l'air mauvais : on vous tiendra au courant.

Mardi dernier, nous avions participé à notre première répétition avec la chorale de la paroisse. Nous avons préparé deux chants pour samedi soir, où avait lieu le culte de rentrée.

La journée de samedi fut chargée puisqu'après les cours, accompagnés de Géhane, une collègue extra du NRC, nous sommes allés rencontrer Soeur Marie Venise, qui dirige un orphelinat pour filles de 3 à 18 ans à quelques patés de maison du NRC. Son accueil fut extrêmement souriant et sympathique. Nous avons pu longuement échanger avec cette femme d'une grande foi, toute dévouée au service de ces jeunes filles que leurs parents ne peuvent plus assumer

L'église de Maadi: on dirait une de ces petites églises qu'on trouve sur les îles grecques...


financièrement. C'était beau de voir ces petites et ces plus grandes lui parler comme à une mère, impressionnant de voir la paix et l'amour qui baignent ces lieux dépourvus de tout superflu. On va essayer de donner un coup de main chaque semaine, pour du soutien scolaire ou un peu d'animation musicale.

Ensuite, en compagnie de Corinne, nous nous sommes rendus à l'église de Maadi, où avait lieu le culte de rentrée, suivi d'un lunch au cours duquel nous avons pu bien discuter. En vue, peut-être l'animation d'un groupe de catéchisme un samedi sur deux.

Dimanche, nous nous sommes rendus dans un « marché » situé dans notre quartier. Dans une longue rue jalonnée d'étalages, nous avons pu tester nos mots d'arabe, apprendre quelques noms de légumes, et remplir notre panier de courgettes, de belles tomates et d'énormes aubergines qui finiront en Babaghanoug recette Gehane.

Lundi et mardi avait lieu le stage de rentrée des professeurs de français des établissements du Synode du Nil. Ambiance sympathique et quelques interventions (entres autres de Corinne et de Soeur Marie Jeanne, l'autre envoyée de l'ACO) à visée culturelle ou pédagogique.

(L'équipe des profs à l'oeuvre)

J'ai pu mesurer l'écart entre le bon niveau de français des professeurs du Caire, et celui, beaucoup plus faible, des professeurs venus de villes moins importantes. Si le stage permet à chacun de renouveler ses pratiques et des développer ses connaissances culturelles, il a aussi pour objectif de faire progresser le niveau de langue de ces professeurs qui ne pratiquent le français que devant leurs élèves.

Pour conclure le récit de ces derniers jours, nous avons eu le plaisir d'animer pour la première fois, à la demande de ses membres, la chorale de l'église. Nous avons eu l'heureuse surprise de découvrir que toutes les tessitures sont représentées. Après une mise en train pour se chauffer la voix (viva la musica), un petit cours de solfège, puis un premier chant « C'est toi Jésus c'est ta grâce... » que nous avons pu interpréter -à trois voix- à peu près correctement au bout d'une heure. C'est encourageant!

Essai de recette du Hommos (purée à base de pois chiches, de crème de sésame et d'ail) accompagné d'une bonne sakara (bière locale)

1 commentaire:

Emmanuel a dit…

Bonjour Elsa et Samuel, je constate que vous avez mordu à pleine dent dans la vie envoutante de l'Egypte et surtout celle du Caire.
A bientôt la-bas pour partager entre autre de bonnes recttes de cuisine.