dimanche 4 novembre 2007

Pour mémoire

Samedi 6 octobre était jour de fête nationale en Egypte. En mémoire de la victoire du 6 octobre 1973. L'occasion de réviser un peu mon histoire puisqu'il me semblait qu'il s'agissait d'une victoire d'Israël (guerre du Kippour). Plutôt que de servir un laïus réchauffé, je vous invite à consulter ces liens, pour info. Voici l'origine des faits :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_six_jours
Et les faits eux mêmes
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kippour
Pour les plus pressés, je résume : 6 octobre, l'Egypte et la Syrie attaquent conjointement, par surprise. L'armée égyptienne traverse le canal de Suez et franchit les lignes israëliennes. Quelques jours plus tard, la tendance s'inverse et, grâce à l'aide américaine (on est en pleine guerre froide et l'URSS, soutient l'Egypte depuis la privatisation du canal par Nasser) les israëliens reprennent du terrain, traversent à nouveau le canal et avancent en territoire égyptien (la troisième armée égyptienne est encerclée) jusqu'à ce que le cessez-le-feu exigé par l'ONU soit appliqué.
Alors pourquoi victoire? Victoire psychologique répondent les égyptiens, et en effet, la première victoire surprise permet à Sadat de négocier sur un pied d'égalité avec Israël, et aboutira aux accords de Camp David (1978) et le retrait des troupes israéliennes de toute la péninsule du Sinaï. Et pourtant ce jour est devenu fête nationale.
Bon, je passe sur les conséquences à plus long terme (1er choc pétrolier en représailles des pays arabes contre l'aide américaine à Israël, puis suite aux accords de Camp David, exclusion de l'Egypte de la Ligue Arabe...).
Au début de mon séjour, j'ai souvent questionné mes interlocuteurs égyptiens pour qu'ils me racontent l'histoire de leur pays, je n'ai obtenu à chaque fois que réponses approximatives, rapides, ou pas de réponse du tout. En fait, j'ai découvert récemment, que les petits égyptiens n'ont pas l'heur de se voir octroyer des cours d'histoire. Une matière appelé quelque chose comme "science économique et géographique" leur permet de voir la géographie et l'économie, et pendant les cours d'arabe - obligatoires au demeurant depuis cette année, y compris dans les écoles internationales - ils apprennent l'histoire de l'Islam. Mais apparemment pas d'histoire contemporaine. Du coup la mémoire collective est courte, et parfois l'histoire carrément subjective. Et voilà qui explique la haine viscérale que se vouent réciproquement égyptiens et israëliens.

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