La première moitié du mois d'avril a été chargée en activités pour moi. Il y avait d'abord le "festival international de théâtre francophone d'Egypte" (sic), auquel j'avais inscrit un groupe d'élèves avec qui nous avons monté depuis le début de l'année une adaptation des Fourberies de Scapin. Le bilan de ce festival est mitigé. J'avais donné le texte aux élèves début décembre pour leur donner le temps de mémoriser le texte. En fait, quelques jours avant la représentation, nombre d'élèves, dont les principaux rôles, ne le connaissaient pas encore. Mes ongles en ont fait les frais. La représentation ne fut pas folichonne. Evidemment, avec un texte pas maîtrisé, difficile de faire quelque chose de vraiment bon. Toutefois, compte tenu de la longueur du texte à apprendre et du niveau des élèves en français (c'est leur deuxième langue étrangère), la performance est honorable. Certains passages ont même réussi à tirer quelques éclats de rires à un public composé à 90% d'élèves scolarisés dans des établissements francophones égyptiens. Les élèves sont d'ores et déjà partants pour renouveler l'expérience l'année prochaine. De mon côté, je suis un peu moins enthousiaste, vu l'énergie que m'a demandé cette préparation et le manque de sérieux des élèves. La décision reste en suspens. Après cette montée d'adrénaline, c'est de manière beaucoup plus sereine que j'ai abordé les deux fêtes de fin d'année au collège (l'une pour les primaire et l'autre pour les préparatoires). Avec les premiers, nous avons préparé une chanson de Thomas Fersen (La Chauve souris), qui a été bien appréciée par des parents pourtant pas francophones. Nous avions confectionné un powerpoint pour les illustrations, cela a sans doute aidé. Avec les seconds nous avons rejoué la pièce de théâtre, mais cette fois dans une pagaille encore plus grande. Certains élèves n'ont rien trouvé de mieux que d'arriver dix minutes avant la représentation et de s'éparpiller dans le public composé de leurs parents et amis. Au moment d'entrer en scène, certains n'étaient pas encore en coulisses. De mon côté, j'avais su le matin même que la pièce devait être réduite de la moitié de sa durée. Tranchant donc allègrement dans le gras de la pièce (pourtant déjà bien réduite) pour ne garder que la substantifique moëlle et les morceaux d'anthologie ("Mais que diable allait-il faire dans cette galère"), j'ai recousu le fil de l'histoire en greffant quelques scènes narrées en voix off, et en anglais. Me voilà donc narrateur, et technicien lumière...difficile à gérer en plus des élèves. Heureusement, n'en déplaise aux puristes, ce théâtre était équipé de micros qui ont permis aux spectateurs d'entendre, faute de comprendre, une bonne partie des dialogues et de l'histoire. Je n'ose imaginer ce que ça aurait été sans...
Désormais nous attendons tranquillement le bébé et la fin de l'année qui s'annonce déjà, puisque les examens de fin d'année ont été avancés mi-mai. Motif invoqué : le Ramadan commence début septembre (il se décale chaque année d'environ quinze jours), et le gouvernement a voulu faire coincider la rentrée avec. Il semblerait logique au contraire d'attendre la fin de ce mois, période particulièrement fatigante pour les élèves et les professeurs. J'ai demandé des explications mais personne n'a pu m'en donner. Nous allons donc terminer les cours le 7 mai. En comptant les 5 jours de vacances ce week end à l'occasion de la pâque copte et du printemps, il nous reste bien peu de temps. En attendant, nous essayons tant bien que mal d'amener les élèves le plus loin possible dans le programme. Ensuite, ce sera les examens, puis les corrections, qui devraient se poursuivre jusqu'à mi-juin. C'est à ce moment là que nous devrions rentrer en France, inch'Allah.

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